Les orientations qu’elle préconise répondent à quatre
objectifs :
1. Un effort plus équitable en direction des bénéficiaires
de l’APA à domicile
- Relever les plafonds d’aide de façon ciblée pour les
personnes isolées et les patients atteints de maladies neurodégénératives
(comprenant une aide accrue aux aidants de patients atteints d’Alzheimer)
- Permettre une revalorisation des plans d’aide
- Améliorer la grille Aggir pour parvenir à un usage uniforme
de cet outil sur tout le territoire et mieux prendre en compte la spécificité
des maladies neurodégénératives. A défaut, adopter
un autre outil
- Solliciter les patrimoines les plus élevés par le choix offert
à l’entrée en dépendance entre une APA à 50%
ou une prise de gage de 20 000 euros au maximum sur la fraction du patrimoine
dépassant un seuil déterminé (seuil à fixer à
partir de 150 000 euros)
2. Un reste à charge maîtrisé et une dépense
plus efficace en établissements d’hébergement
- Transférer les dépenses d’animation-service social et
une part accrue des charges de personnels d’entretien du tarif hébergement
sur le tarif dépendance ; alléger le tarif dépendance de
la part des charges d’aides-soignants qui lui incombent pour les reporter
sur le tarif soins (diminution de près de 200 euros du reste à
charge pour les familles ; opération neutre pour les départements
; transfert d’un milliard d’euros de charges nouvelles sur l’assurance
maladie)
- Etablir une échelle dégressive de versement de l’APA
en établissement
- Accroître l’efficience de la dépense de soins en établissement
en agissant dans trois directions principales : la généralisation
des forfaits globaux, la résorption des écarts de coûts
par la mise en place d’une convergence des tarifs soins (gain potentiel
de 350 millions d’euros), la reconversion de lits de court séjour
en lits d’Ehpad (gain potentiel de 200 à 300 millions d’euros)
- Mettre en place des référentiels de coûts d’hébergement
et rendre ces référentiels opposables, afin de garantir que la
diminution du reste à charge bénéficiera bien aux bénéficiaires
et à leurs familles
- Réallouer pour partie au secteur médico-social, dans la transparence,
les ressources de CSG correspondant aux excédents à venir de la
branche Famille (4 milliards d’euros en 2012)
3. Une articulation à définir entre le socle solidaire
et l’étage de financement assurantiel
- Instituer un processus conjoint administrations publiques/assureurs pour
le déclenchement des prestations en cas de dépendance
- Garantir la « portabilité » des contrats pour les souscripteurs
qui souhaiteraient changer d’assureurs
- Permettre la déductibilité fiscale des cotisations complémentaires
dépendance sur un contrat épargne retraite, dans les mêmes
conditions que les cotisations de base aux régimes d’épargne
(PERP)
- Ouvrir la possibilité de convertir des contrats d’assurance-vie
en contrats dépendance, sans que cette transformation ne soit considérée
comme une novation fiscale, c’est-à-dire sans coût ou pénalité
pour l’assuré
- Réfléchir au développement de mécanismes facilitant
pour les personnes à bas ou moyens revenus la souscription, sur une base
volontaire, d’un contrat de prévoyance
4. Une gouvernance à renforcer et à simplifier
- Etablir un partage à égalité Etat (CNSA)/ Départements
pour le financement de l’APA
- Modifier les critères de péréquation pour la répartition
de l’enveloppe d’APA afin de garantir une approche plus juste de
la charge objective pour les départements (suppression de la référence
au RMI ; institution d’un critère de revenu des ménages)
- Créer un conseil d’administration de la CNSA dans lequel seraient
représentés l’Etat et les départements ; associer
les assureurs dans le cadre d’un comité spécifique
- Prévoir l’élaboration conjointe des PRIAC par les départements
et les futures ARS au travers d’une structure de concertation
- Expérimenter, sur une base volontaire, une gestion déléguée
aux départements des crédits d’assurance-maladie des Ehpad
Au cours du second semestre 2008, la mission va approfondir ses réflexions
et poursuivre le dialogue avec les ministres chargés du dossier, Xavier
Bertrand et Valérie Létard. Elle entend ainsi apporter une contribution
majeure au futur projet de loi sur le cinquième risque.