France 2004 : l’espérance de vie franchit le seuil de 80 ans [leMarchedesSeniors.com] - Silver Economie
Document sans nom

  senior : l'information du marché senior et Silver Economie
 
   
  Date 26/11/2014
   
  ACCUEIL
   
 
  LES SECTEURS
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 
  CLUBS PROFESSIONNELS
 
 
   
 
  SILVERECO EN CHINE
 
   
 CONTACTS
SeniorStrategic
soumettre mes infos
contacts

 

 

 

 


Accueil > Tous les articles

France 2004 : l’espérance de vie franchit le seuil de 80 ans

France 2004 : l’espérance de vie franchit le seuil de 80 ans

La durée de vie continue à s'allonger en France. Elle a fait un bond en avant en 2004 par rapport à 2003, année de la canicule, mais aussi par rapport à 2002, année normale. Replaçant les progrès des dernières années dans une évolution de longue durée, depuis le milieu du XVIIIe siècle, Gilles Pison nous explique les raisons du formidable allongement de la durée de vie depuis deux siècles et de l'avancée particulière de 2004.

Au 1er janvier 2005, la population de la France métropolitaine est estimée à 62,4 millions d'habitants, dont 60,6 en métropole et 1,8 en outre-mer. En métropole, la population a augmenté de 361000 habitants en 2004 (+ 0,6 %). La croissance annuelle n'avait pas été aussi élevée depuis 30 ans. Elle tient à une diminution substantielle des décès combinée à un maintien des naissances et à une légère hausse du solde migratoire. Les chiffres de population tiennent compte des résultats de l'enquête de recensement de 2004 qui ont conduit l'Insee à réévaluer légèrement à la hausse la population. La correction est de +0,5% pour 2003 par rapport à l'estimation de l'an passé (1).

Autant de naissances en 2004 qu'en 2003

L'indicateur de fécondité de 2004, qui atteint 1,90 enfant par femme, reste très proche de celui de 2003 (1,88). Sa légère hausse vient compenser la légère baisse du nombre de femmes en âge d'avoir des enfants, si bien que le nombre des naissances est stable : 765 000 en 2004 en France métropolitaine, contre 762 000 en 2003.

La tendance observée depuis plus de vingt-cinq ans à avoir ses enfants toujours plus tard se

poursuit : les femmes qui ont accouché en 2004 avaient en moyenne 29,6 ans. Cet âge n'a cessé de progresser depuis 1977 où celles qui avaient accouché avaient 26,5 ans en moyenne. Si la fécondité des femmes augmente après l'âge de 30 ans depuis la fin des années 1970, elle s'est stabilisée avant 30 ans depuis une dizaine d'années.

L'examen de la fécondité par génération montre que les femmes nées en 1954, qui ont atteint 50 ans en 2004 et ont donc maintenant achevé leur vie féconde, ont eu 2,12 enfants en moyenne. Les femmes nées en 1964, qui ont eu 40 ans en 2004, en ont déjà 2,00, si bien que le total atteindra sans doute 2,1 enfants lorsqu'elles auront 50 ans, comme pour leurs aînées de dix ans. Quant aux générations plus jeunes, encore loin d'avoir terminé leur vie féconde, tout pronostic sur leur nombre final d'enfants reste hasardeux mais il pourrait être légèrement inférieur à 2,1.

Baisse sensible de la mortalité en 2004

Le nombre de décès observés en 2004, 509 000, est inférieur de 7,5% aux 550 000 de 2003, lesquels incluaient les 15000 décès supplémentaires de la canicule d'août 2003. Il est donc plus juste de comparer avec les 534000 décès de 2002. Même ainsi, l'année 2004 apparaît encore très favorable avec 4,5 % de décès en moins, alors que la population a crû de 1,2 % et que la proportion de personnes âgées a augmenté.

Le calcul de l'espérance de vie permet d'éliminer dans les fluctuations de la mortalité la part qui tient aux variations de la taille de la population et de sa répartition par âge, pour ne faire apparaître que celle tenant à l'évolution des risques de décès. L'espérance de vie à la naissance dépasse pour la première fois 80 ans, hommes et femmes réunis (80,2). Elle atteint 76,7 ans pour les hommes et 83,8 ans pour les femmes en 2004, contre 75,9 et 82,9 en 2003. Elle avait stagné cette année là en raison de la mortalité exceptionnelle de la canicule. Mais si l'on compare avec 2002, l'espérance de vie a progressé de 10 mois en deux ans. C'est nettement plus que la tendance des cinquante dernières années : trois mois par an, soit six mois en deux ans.

Deux siècles et demi de progrès de l'espérance de vie

Le seuil des 80 ans d'espérance de vie étant franchi pour les deux sexes réunis, il est intéressant de replacer ce point dans une évolution de longue durée, depuis le milieu du XVIIIe siècle, grâce à l'enquête de démographie historique lancée par Louis Henry à l'Ined à la fin des années 1950 et à la reconstitution des tables de mortalité françaises aux XIXe et XXe siècles effectuée par Jacques Vallin et France. Avec une population qui n'avait pas la moitié de l'effectif actuel, le royaume de France comptait plus de naissances au milieu du XVIIIe siècle que la République aujourd'hui : un million au lieu de 765 000. Mais, dès l'âge de 10 ans, la moitié des enfants étaient décédés. D'où le très faible niveau de l'espérance de vie : 25 ans. Elle a donc plus que triplé en deux siècles et demi.

La progression de l'espérance de vie n'a pas été régulière au cours des deux cent cinquante dernières années. Elle a été interrompue par les conflits (guerres napoléoniennes, guerres de 1870, 1914-1918 et 1939-1945) qui ont entraîné des reculs importants. Mais ceux-ci n'ont duré que le temps du conflit, la progression reprenant ensuite la tendance de fond. Les progrès s'accélèrent à certaines périodes, comme au tournant du XVIIIe et du XIXe siècles, ou cent ans plus tard, à la fin du XIXe siècle. Ils ralentissent à d'autres, comme entre 1850 et 1870. Ces variations sont parallèles à celles de la mortalité infantile, encore très élevée à ces époques, et qui pèse beaucoup sur la durée de vie moyenne. La forte progression de l'espérance de vie autour de 1800 tient au recul très important de la mortalité des enfants grâce en partie à la vaccination contre la variole : le risque pour un nouveau-né de mourir dans sa première année passe en deux décennies de près de 275 pour mille à près de 185 pour mille. Sa stagnation au milieu du XIXe siècle est concomitante d'une remontée de la mortalité infantile liée à l'industrialisation et l'urbanisation, qui dégradent les conditions de vie des enfants, notamment dans les villes. À l'inverse, la forte augmentation de l'espérance de vie à la fin du XIXe siècle vient des progrès de l'hygiène et de la médecine liés à la révolution pastorienne, dont les enfants ont été les premiers bénéficiaires, et aussi de la mise en place des premières politiques de protection de la petite enfance.

De la survie des enfants à la survie des adultes

Au XXe siècle, la mortalité infantile continue à diminuer jusqu'à atteindre des niveaux extrêmement bas : 3,9 pour mille en 2004. Elle ne représente plus désormais qu'une part infime de la mortalité et, même si son recul se poursuit, il n'a quasiment plus d'effet sur l'espérance de vie. Celle-ci ne progresse qu'en raison des succès rencontrés dans la lutte contre la mortalité adulte, en particulier aux âges élevés où se concentrent de plus en plus les décès. Les progrès dans ce domaine sont relativement récents, comme le montre l'évolution de l'espérance de vie à 60 ans. Au milieu du XXe siècle, elle était encore proche de son niveau du XIXe, notamment du côté masculin : un homme de 60 ans pouvait espérer vivre encore 13 à 14 ans. Ce n'est qu'après la fin de la deuxième guerre mondiale qu'elle commence à augmenter chez les hommes, les progrès s'accélérant ensuite jusqu'à atteindre 21,5 ans en 2004, soit 6 ans de plus qu'en 1954. La progression a commencé plus tôt chez les femmes, dès les premières décennies du XXe siècle, et elle s'est accélérée aussi après 1945 jusqu'à atteindre 26,5 ans en 2004, soit 7,7 ans de plus qu'en 1954. Au milieu du XXe siècle, les maladies infectieuses étaient encore la cause d'une partie importante des décès d'adultes et de personnes âgées. Leur recul a entraîné une augmentation sensible de l'espérance de vie à 60 ans. Mais, comme pour les enfants, la part de ces maladies dans la mortalité totale a beaucoup régressé et les gains à attendre de la poursuite de leur recul est faible. Les maladies cardiovasculaires et les cancers sont désormais les principales causes de décès à ces âges. Et ce sont les succès rencontrés dans la lutte contre ces maladies qui ont fait reculer la mortalité des adultes et des personnes âgées à partir des années 1970, et fait progresser l'espérance de vie. La mortalité due aux maladies du coeur et des vaisseaux a fortement diminué depuis un demi-siècle grâce aux progrès de la prévention et des traitements. La mortalité par cancer, qui avait augmenté, régresse maintenant grâce aux diagnostics plus précoces et au recul des comportements à risques comme le tabagisme et l'alcoolisme.

Les décès de la canicule plus que compensés en 2004

L'année 2004 semble avoir connu une mortalité exceptionnellement basse. Le nombre de tués sur la route a diminué grâce au renforcement des contrôles de la vitesse par la multiplication des radars automatiques. Il n'y a guère eu d'épidémie de grippe. Enfin, la canicule a provoqué en 2003 des décès qui, autrement, se seraient peut-être produits en 2004. Mais le fait essentiel est que la diminution des décès en 2004 fait plus que compenser l'excédent de 2003. Du reste, les régions où la baisse est la plus forte ne recouvrent pas celles qui ont souffert le plus de la canicule. Les radars, la grippe et la canicule n'expliquent pas tout. Au-delà de ses effets conjoncturels, la canicule a changé notre comportement à l'égard des personnes âgées, avec un bénéfice sensible dès l'année suivante. Reste à voir si l'année 2005 confirmera ce progrès.

(1) Les ajustements de population opérés par l'Insee à partir du recensement feront l'objet du prochain numéro de Population et sociétés.

Source : INED

Par Gilles Pison le 29-03-2005

 

Document sans nom
  -
 
 NEWSLETTERS
 
 RECHERCHER UN SUJET
 CONFERENCES - SEMINAIRES

Baromètre : Seniors et la Esanté : 2014-10-08 Paris

World Health and Design Forum 2014 : 2014-10-21 Eindhoven

Les acteurs de la prévoyance & la Silver Economie : 2014-11-04 Paris

Aménagement du domicile & Seniors : 2014-11-05 Paris

3ème rencontres CNSA : Être proche aidant aujourd'hui : 2014-11-05 Paris

Prendre soin et milieux de vie : 2014-11-13 Paris

Forum « opportunités seniors : créer, innover, se développer sur les marchés de la silver économy » : 2014-11-13 Clermont Ferrant

Journées de la SFTAG : 2014-11-24 Paris

34èmes Journées Annuelles de la SFGG : 2014-11-25 Paris

Société française de la gériatrie et de la gérontologie : 2014-11-25 Paris

2eme Colloque du Pôle Allongement de la Vie : 2014-11-26 Charles Foix, Ivry-sur-Seine

Forum de la Silver Economie et du Marché des Seniors : 2014-12-10 Paris

Aging in America Conference : 2015-03-23 Chicago

  -
 
 

 

 

 

Document sans nom

Société | Contact | Presse | Infos lég. | Baby boom | Frédéric Serrière | Plan du site | Tags | Frédéric Serrière

Contact : Senior Strategic 22 rue Docteur Greffier 38000 France - Téléphone : 33 (0)9 52 63 36 36
N° d'agrément de la CNIL : n° 1238244 - SIRET : 44458564000014 - APE :7022Z

Ce site internet d'informations professionnelles propose l'actualité de la Silver Economie des marchés des Seniors et des Baby Boomers, source de croissance, avec des livres, des documents pratiques et des études, un un guide sur les Baby boomers, une sélection d'innovations et opportunités de business sur ces marchés avec des formations et des conférences proposées par des experts. Agetimes est aussi un WebTV