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Quatre ans après
la fin de l’étude SU.VI.MAX menée depuis 1994, par l’équipe
de Serge Hercberg, directeur de l’unité Inserm 557 « Epidémiologie
nutritionnelle », quelque 7000 volontaires ont été recontactés,
il y a 1 an, pour participer à une nouvelle étude baptisée
SU.VI.MAX 2. L’objectif de ce second volet ? Mieux comprendre l’impact
de nos comportements alimentaires et de notre état nutritionnel sur la
qualité du vieillissement. Grâce aux données récoltées
depuis 13 ans, dans le cadre de la cohorte SU.VI.MAX et à de nouveaux
bilans de santé réalisés à l’hôpital,
le vieillissement de cette population va être étudié sous
tous les angles : fonctions cognitives et troubles de l’audition, état
osseux, troubles de l’équilibre, mobilité et performances
physiques etc.
Les premiers résultats sont attendus pour 2009.
• SU.VI.MAX
: une étude de cohorte sans précédent achevée en
2003
L’étude SU.VI.MAX
visait, au départ, à tester l’effet d’une combinaison
en vitamines et minéraux antioxydants sur la réduction du risque
de cancer et de maladies
cardiovasculaires. Pour ce faire, 13 000 personnes ont été incluses
entre octobre 1994 et juin 1995. La moitié des individus a reçu
pendant 8 ans une supplémentation en vitamines sous forme de capsules
alors que l’autre moitié recevait une capsule placebo ; les participants
ne sachant pas à quel « groupe » ils appartenaient. La phase
d’intervention s’est terminée en 2003. Les principales conclusions
ont montré une réduction de 31 % du risque de cancers et une moindre
mortalité de 37 % chez les hommes ayant reçu les antioxydants.
Depuis 1994, la surveillance des volontaires de la cohorte a été
réalisée au moyen de questionnaires thématiques réguliers
et de bilans de santé annuels, alternant examen clinique et biologique.
Des questionnaires alimentaires réguliers ont permis de constituer une
base de données sur l’alimentation de suvimaxiens.
L’augmentation de
la longévité est un phénomène observé dans
tous les pays industrialisés. En 1950, l’espérance de vie
à la naissance était en France de 63 ans pour les hommes et de
69 ans pour les femmes. Elle est passée respectivement à environ
75 ans et 83 ans en 2000.
Le vieillissement est un
processus très hétérogène. L’identification
de facteurs environnementaux tels que ceux liés à l’alimentation,
susceptibles d’intervenir dans le
maintien des performances fonctionnelles et dans la prévention de maladies
liées à l’âge, est un axe important de recherche pour
proposer des recommandations visant à optimiser l’état de
santé des sujets âgés. C’est l’objectif de cette
nouvelle étude SU.VI.MAX 2 coordonnée par Serge Hercberg, Pilar
Galan et Emmanuelle Kesse de l’Unité 557 Inserm, en collaboration
avec Claude Jeandel et le Collège National des Enseignants en Gériatrie.
• SU.VI.MAX
2 : les participants, les objectifs ?
L’étude SU.VI.MAX
2 porte sur 7000 sujets issus de la cohorte SU.VI.MAX : 3500 femmes et 3500
hommes de 55 à 72 ans, pour lesquels des données précises
ont déjà été recueillies depuis 1994, concernant
l’alimentation, l’activité physique, le suivi de l’état
de santé, la qualité de vie, et certaines autres caractéristiques
du mode de vie ainsi que de nombreuses données cliniques et biologiques.
Ces personnes sont réparties dans toute la France. L’objectif principal
des chercheurs de l’Inserm est d’étudier le lien entre les
habitudes alimentaires (et/ou certains facteurs nutritionnels spécifiques)
de ces personnes suivies depuis 1994, et la qualité globale du vieillissement
évaluée 10 à 12 années plus tard. Un indicateur
global du vieillissement sera mis au point par les chercheurs à partir
de différentes composantes : fonctions cognitives, humeur, état
nutritionnel, état osseux, troubles de l’équilibre, troubles
sensoriels, santé ressentie, intégration sociale, mobilité
et performances physiques, pathologies éventuelles.
Chacune des composantes
fonctionnelles liées à la qualité du vieillissement, telles
que les fonctions cognitives et dépression, le risque de sarcopénie
(diminution de la masse musculaire) ou d’ostéoporose, l’insulino-résistance,
la qualité de vie, les maladies chroniques (cancers, maladies cardiovasculaires,
cataracte, dégénérescence maculaire liée à
l’âge) sera également étudiée individuellement.
Les contraintes socio-économiques, les préférences alimentaires,
et le niveau d’activité physique seront pris en considération
en tant que déterminants des comportements alimentaires, du statut nutritionnel
et de la qualité du vieillissement.
« Nous avons à disposition, grâce à SU.VI.MAX 2, une
population de seniors unique en France. Le nombre important de volontaires suivis
depuis plus de 13 ans est un atout majeur pour déceler les signes précoces
du vieillissement notamment ceux liés à la qualité de l’alimentation.
A terme, nous espérons en extraire des recommandations pour "mieux
vieillir" » ajoute Serge Hercberg.
• Le déroulement
de l’étude
Pour l’ensemble des
volontaires, le suivi consiste d’une part à remplir des questionnaires
alimentaires de manière régulière et d’autre part
à réaliser un bilan de santé complet dans un centre gériatrique
tous les 4 ans. Des questionnaires sur les habitudes alimentaires Les données
sur la consommation alimentaire sont recueillies tous les ans au moyen d’un
questionnaire spécifiquement mis au point. Les apports nutritionnels
(vitamines et oligoéléments antioxydants, acides gras polyinsaturés
etc.) seront calculés très précisément par les chercheurs
de l’Inserm.
Les questionnaires recensent
également des données sur les conditions et autres habitudes de
vie (consommation de tabac, activités pratiquées et réseau
social, statut marital, niveau d'études, profession pratiquée),
la prise régulière de médicaments, de compléments
en vitamines et minéraux, de traitements hormonaux substitutifs de la
ménopause pour les femmes, les antécédents médicaux
personnels et familiaux.
Le bilan de santé
Les participants sont convoqués
depuis février 2007 dans un des 72 centres hospitaliers partenaires du
projet pour une consultation en hospitalisation de jour.
Au cours de cette consultation gériatrique un bilan complet de l’état
de santé est réalisé afin d’évaluer 6 grandes
composantes :
- l’état nutritionnel;
- les fonctions cognitives;
- l’humeur ;
- l’état clinique complet;
- les fonctions visuelles et auditives;
- l’état locomoteur, l’équilibre postural et le risque
de fracture ostéoporotiques,
En marge de ces 6 grandes
composantes, les chercheurs étudieront également les douleurs
ressenties, la qualité du sommeil (plainte, somnolence diurne, consommation
régulière d'hypnotiques), et la conduite automobile (difficultés
ressenties lors de la conduite automobile) de ces 7000 volontaires.
Un bilan neuropsychologique
permettra de dépister des signes précoces du vieillissement cérébral.
Un prélèvement sanguin sera, quant à lui, effectué
lors de la consultation gériatrique afin de constituer une banque biologique.
Les premiers résultats
issus de l’analyse des données de SU.VI.MAX 2 sont attendus d’ici
un an. L’étude SU.VI.MAX 2 est financée par l’ANR,
l’Inserm et la DGS (Ministère de la Santé) et bénéficie
d’un soutien financier de MEDERIC et des laboratoires Pierre Fabre et
Ipsen.